samedi 23 février 2019

Critique Hôtel Eden


La magie des livres


Un échantillon de l’art d’écrire lors de « L’autre festival » d’Avignon
José Enrique Martínez Lapuente, in Wall Street International Magazine édition ibérique
Traduction Christine Bernard.
Extrait :
Pour servir la parole et, à travers elle, la vérité du monde et de l’homme, l’écriture est apparue comme une nécessité inaliénable ; les écrivains ont surgi… Certains, déjà célèbres et bien intégrés dans la machine éditoriale, n’ont pas besoin de réclame. Les grands journaux, les chaînes de télévision, les espaces radiophoniques se chargent régulièrement de nous montrer leur bonne fortune, qui n’est autre que celle de leur talent porté au meilleur prix du marché. Cependant il y a, dans la production littéraire, une autre sorte de créateurs, peu connus mais qui s’avèrent être des maillons importants de la chaîne narrative. Ce sont des écrivains qui publient dans des maisons plus confidentielles, de petits éditeurs chez qui l’on trouve d’excellentes créations qui n’ont pas retenu l’attention de la grande industrie, seulement occupée à gagner et à engranger de l’argent pour le faire fructifier dans les conditions les plus intéressantes des marchés financiers. On rencontre parfois ces créateurs de fictions sur les salons et/ou dans les congrès. Tel est le cas du binôme formé par le couple Louise et Michel Caron. Ce dernier est l’auteur d’une pièce de théâtre intitulée La dernière nuit de Rosa Luxemburg, pièce dont s’est inspirée son épouse Louise pour écrire un magnifique roman qui se lit d’une traite, Hôtel Eden (La dernière nuit de Rosa Luxemburg).

Cette année précisément, où l’on célèbre le centenaire de l’assassinat de la brillante théoricienne et militante socialiste, d’innombrables cérémonies commémoratives ont eu lieu en Allemagne, en France et en Espagne – entre autres pays européens – pour rendre hommage à celle qui est considérée comme la leader marxiste la plus importante du XXème siècle, antimilitariste acharnée, farouche défenseur de la démocratie au sein de la révolution , et dont l’œuvre, palpitante de vie et d’enthousiasme, continue d’inspirer toutes sortes de rêves et d’actions.
Découvrir, ainsi, un roman écrit avec autant d’aisance que de discernement et de sensibilité, doté d’un sens du rythme peu commun, a été plus qu’un plaisir : en effet, et avant tout, il est sous-tendu par un acte assumé de revendication autant que de réparation historique à l’égard de l’une des figures les plus dynamiques de l’histoire du socialisme révolutionnaire. L’éditeur espagnol ou latino-américain qui mettra ce titre à son catalogue de nouveautés au prochain printemps obtiendra, à coup sûr, un beau succès, tant de la critique que de la part du public.